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"500 FEMMES AUTOCHTONES DISPARUES AU CANADA"
Au cours des vingt dernières années, environ 500 femmes
autochtones ont disparu des communautés partout au Canada. Et pourtant
le gouvernement, les médias et la société canadienne
continuent à garder le silence.
À Vancouver, plus de 50 femmes ont disparu du quartier Downtown
Eastside. De ce nombre, 60 % étaient autochtones, surtout des jeunes.
Il s’agit de femmes pauvres impliquées dans le commerce du
sexe. Elles étaient aux prises avec les drogues et l’alcool.
Certaines souffraient du syndrome d’alcoolisme foetal, et plusieurs
furent victimes d’agressions sexuelles alors qu’elles étaient
enfants. Chacune a grandi dans un foyer d’accueil. En d’autres
mots, leur vie portait toutes les marques de la violence du colonialisme.
Ces femmes avaient aussi une famille, un foyer, des rêves. Elles
ont laissé derrière elles des communautés en proie
au chagrin : des grands-mères, des mères, des pères,
des soeurs et des frères, et, quelle tristesse, leurs propres jeunes
enfants. Ces jeunes femmes possédaient des milieux d’appartenance,
on les aimait.
Il demeure bien des questions. Pourquoi la police n’a-t-elle pas
réagi plu tôt, surtout dès qu’il fut de connaissance
courante dans les rues que les femmes allant à la ferme d’élevage
de porcs de Port Coquitlam n’étaient pas revenues? Une fois
les femmes portées disparues, pourquoi les enquêteurs ont-ils
mis l’accent sur leur mode de vie, comme pour suggérer qu’elles
méritaient plus ou moins ce qui leur arrivait? Et pourquoi accorde-t-on
si peu d’attention aux raisons qui amènent des femmes autochtones
à vivre une telle vie?
À Vancouver, on n’a retrouvé aucun des corps des
femmes disparues. Mais même lorsqu’on découvre des
corps, on ne consacre pas beaucoup d’efforts à retracer les
assassins et à les traduire en justice. Plusieurs disparitions
ou morts de femmes autochtones ne sont tout simplement pas rapportées.
L’Association des femmes autochtones du Canada (NWAC) a entrepris
de recueillir le nom et l’histoire des femmes autochtones disparues,
non seulement à Vancouver, mais aussi à Winnipeg, Regina,
Edmonton, Kenora, Thunder Bay, Fredericton, et dans de nombreuses autres
collectivités du pays, petites ou grandes. Partout l’histoire
est la même. Au Canada, les femmes autochtones demeurent une cible
de la violence et de la haine fondées sur le genre et sur la race.
On continue à les objectifier, à leur manquer de respect,
à les déshonorer, à les ignorer et à les tuer,
souvent en toute impunité.
La campagne Soeurs d’esprit vise à redresser ces torts aux
racines profondes et à rendre l’honneur et le respect à
nos soeurs en l’Esprit qui ont disparu et furent brutalement assassinées.
Le temps est venu de passer aux actes pour assurer que la vie des femmes
autochtones du Canada ne soit plus considérée comme un objet
dont on peut disposer. Joignez-vous à l’esprit de nos soeurs
et agissez dès aujourd’hui!
JUSTE UNE HISTOIRE...
Depuis que les peuples Gitksan et Wet’suwet’en ont entrepris
leur lutte juridique historique en Colombie-Britannique pour la reconnaissance
de leur titre aborigène, des femmes autochtones — trente-deux
en tout — ont été portées disparues le long
de l’Autoroute 16 entre Prince Rupert et Prince George, désormais
désignée sous le nom de Autoroute des Pleurs.
Entre 1988 et 1995, cinq jeunes femmes — Alberta Williams, Delphine
Nikal, Ramona Wilson, Roxanne Thiara et Lana Derrick — ont disparu
le long de cette section d’autoroute. Malgré les vigiles
de la communauté et les protestations du Conseil des femmes des
Premières Nations de Terrace et d’autres organisations, ni
la police ni les médias n’ont pris au sérieux la disparition
de ces femmes.
Puis en juin 2002, une autre jeune femme disparut. La disparition de
Nicole Hoar attira immédiatement l’attention des médias
et l’intervention du gouvernement. En quoi ce cas différait-il
des précédents? Nicole Hoar était la première
femme non autochtone à disparaître le long de l’Autoroute
des Pleurs.
Un journaliste de Calgary, soulignant l’absence de réaction
à l’époque dans les cas de disparition des femmes
autochtones, demanda si les personnes priant pour la famille de Nicole
« incluraient dans leurs prières les [cinq] autres familles
qui avaient vécu des années auparavant le même cauchemar
qu’elle vivait aujourd’hui, alors que ces familles autochtones
étaient isolées dans leur maison et dépourvues de
soutien communautaire. »
SMITH, Peter. “Vanished: Somewhere Along the Highway of Tears Nicole
Hoar Simply Disappeared”, Calgary Sun, Peter 14 juillet 2002.
DE JEUNES FEMMES AUTOCHTONES S’ÉLÈVENT CONTRE LA
VIOLENCE...
Par Denise Cook, Pimicikamak Cree Nation
En tant que jeune, je trouve inacceptable que nos soeurs et parentes
se retrouvent en situation de danger, car cela signifie que notre vie
— sacrée — n’est pas respectée. Cela a
un impact sur notre communauté et sur la perception que nous avons
de nous-mêmes. Il est accablant de savoir que cela peut se produire,
et que cela se produit en fait. C’est injuste pour nos femmes.
Je crois qu’il est important de travailler à une plus grande
sensibilisation à ce problème. Il est ahurissant de constater
que ces questions n’intéressent pas la grande collectivité
simplement parce que les victimes se trouvent être des femmes autochtones.
Il est inhumain de ne pas valoriser leur vie, il est dégoûtant
de voir que des gens ne prennent pas cette situation à coeur. Une
question importante est de savoir pourquoi la société ne
cherche pas à rendre justice à ces femmes?
Dans ma vision de l’avenir, nous ne devrions même pas avoir
besoin de mener une campagne comme celle-ci, car de telles choses ne se
produiraient pas et nos femmes recevraient la considération et
le respect qu’elles ont le droit de recevoir. Cependant, la présente
campagne a une grande importance pour sensibiliser les gens et faire connaître
les problèmes. Ce sont là les premières étapes
pour parvenir à mettre fin à la violence faite aux femmes
autochtones. Je crois que toute personne dans toute collectivité
a la responsabilité d’aider à produire les changements
qui s’imposent.
Denise Cook est membre du Conseil des jeunes de NWAC.
Ô GRAND ESPRIT
Ô Grand Esprit
dont le vent porte la voix à mes oreilles
et dont le souffle donne vie à toute chose sur terre,
écoute-moi! Je suis petit et faible.
J’ai besoin de ta force et de ta sagesse.
Laisse-moi parcourir les voies de la beauté,
et garde mes yeux ouverts sur le rouge et le pourpre du soleil couchant.
Que mes mains respectent les choses que tu as créées,
et que mes oreilles soient attentives à ta voix.
Donne-moi la sagesse que je comprenne
les enseignements que tu as donnés à mon peuple.
Donne-moi d’apprendre les leçons
que tu as cachées en toute feuille et sous tout caillou.
Je cherche la force, non pour être plus grand que mon frère,
mais pour combattre mon plus grand ennemi
~moi-même.
Rends-moi toujours prêt à venir à toi
avec des mains propres et des yeux droits,
afin que si la vie s’échappe de moi comme disparaît
le soleil qui se couche,
mon esprit puisse s’envoler vers toi sans honte.
Toutes mes relations!
Adaptation d’une prière du chef Yellow Lark, leader spiritual
Sioux Lakota (1887)
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